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Chemsex à Nice : comment demander de l’aide sans renoncer à sa sexualité ?

il y a 5 minutes
4 min de lecture

Le chemsex occupe une place particulière dans les questions que je rencontre en consultation de sexologie. Pour certains, les produits ont d’abord accompagné la découverte d’une sexualité plus libre, plus intense ou moins inhibée. Ils ont permis de dépasser certaines peurs, d’explorer des pratiques, de faciliter les rencontres ou simplement de se sentir davantage désirable. Puis, parfois, quelque chose change.



Les sessions s’allongent. Le sexe sans produit devient plus difficile à imaginer. Le désir semble moins intense à jeun. La consommation déborde sur le travail, le sommeil ou les relations affectives. La sexualité qui devait gagner en liberté commence paradoxalement à se rétrécir.

Demander de l’aide ne signifie pourtant pas devoir renoncer à sa sexualité.


Qu’est-ce que le chemsex ?

Le terme « chemsex » désigne l’utilisation intentionnelle de certaines substances psychoactives dans un contexte sexuel, principalement décrite chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

Mais derrière un même mot se trouvent des expériences très différentes. La fréquence de consommation, les substances utilisées, les pratiques sexuelles, la durée des sessions et surtout la place que le chemsex occupe dans la vie d’une personne varient considérablement.

Il faut donc éviter de réduire le chemsex à la seule question : « Êtes-vous dépendant ? »

Une autre question peut être plus utile : quelle place les produits ont-ils progressivement prise dans votre sexualité ?


Quand le chemsex devient-il un problème ?

Il n’existe pas un moment identique pour tout le monde.

Certains signes peuvent néanmoins amener à s’interroger : difficulté croissante à avoir des rapports sans produit, augmentation de la fréquence des sessions, consommation plus importante que prévu, perte de contrôle, conséquences professionnelles ou financières, isolement, prises de risques, épisodes anxieux ou dépressifs après les sessions.

Un autre signe est parfois plus discret : le sentiment que la sexualité sobre a perdu ses couleurs.

Le produit peut progressivement devenir associé à l’excitation elle-même. Une rencontre sexuelle sans consommation paraît alors fade, anxiogène ou presque impossible.

Cette situation peut être particulièrement déstabilisante. La personne ne craint plus seulement de perdre le produit. Elle peut avoir l’impression qu’en arrêtant ou en diminuant sa consommation, elle perdra également sa sexualité.


« Si j’arrête les produits, est-ce que j’aurai encore envie de sexe ? »

C’est une inquiétude que l’on peut entendre en consultation.

Lorsque plaisir, excitation, rencontres et substances se sont associés pendant longtemps, retrouver une sexualité différente peut demander du temps.

Il ne s’agit donc pas simplement de retirer quelque chose.

Le travail sexologique peut aussi consister à comprendre comment retrouver du désir, du plaisir et de l’excitation autrement : redécouvrir les sensations corporelles, identifier ce qui excite réellement, retrouver une sexualité à deux sans produit ou reconstruire progressivement une vie sexuelle satisfaisante.

L’objectif n’est pas de remplacer une sexualité jugée « mauvaise » par une sexualité supposée « normale ».

Il s’agit plutôt de permettre à la personne de retrouver une marge de choix.


Chemsex, anxiété et estime de soi

Les produits ne servent pas uniquement à augmenter les sensations.

Ils peuvent aussi diminuer l’anxiété, faciliter le contact avec l’autre, atténuer la peur du jugement ou permettre momentanément d'oublier certaines difficultés avec son propre corps.

Pour certaines personnes LGBT+, la sexualité s’est construite dans un contexte où le désir a longtemps été accompagné de honte, de secret ou de peur du rejet.

Les applications de rencontre peuvent ensuite introduire d’autres formes de pression : comparaison permanente des corps, recherche de performance, sentiment d’être interchangeable, nécessité de correspondre à certains codes physiques ou sexuels.

Dans ce contexte, les substances peuvent parfois agir comme un raccourci spectaculaire : moins d’inhibition, davantage d’assurance, davantage d’endurance, davantage de disponibilité sexuelle.

Comprendre cette fonction est essentiel. Sinon, on risque de demander simplement à quelqu’un d’abandonner une solution sans comprendre le problème auquel elle répondait.


Retrouver une sexualité sans obligation de performance

Le chemsex peut aussi modifier progressivement les attentes envers la sexualité.

Durée des rapports, intensité des sensations, nombre de partenaires, pratiques sexuelles ou niveau d’excitation peuvent devenir des critères implicites de réussite.

La sexualité sobre paraît alors décevante lorsqu’on la compare à des expériences sous substances.

Mais la sexualité n’est pas une compétition contre ses propres records.

Une consultation peut permettre de travailler sur cette recherche de performance et de retrouver d’autres dimensions du plaisir : le désir, l’intimité, les fantasmes, les sensations corporelles, la relation avec le partenaire ou simplement la possibilité de ne pas devoir être constamment performant.


Faut-il obligatoirement arrêter le chemsex ?

Demander de l’aide ne suppose pas nécessairement d’arriver avec une décision déjà prise.

Certaines personnes souhaitent arrêter. D’autres veulent réduire leur consommation, retrouver des rapports sans produits, éviter certaines situations ou simplement comprendre ce qui est en train de leur arriver.

Le premier objectif peut être d’en parler sans jugement.

Lorsque la consommation devient importante, qu’une dépendance s’installe ou que des risques médicaux ou psychiatriques apparaissent, une prise en charge spécialisée en addictologie et un suivi médical peuvent être nécessaires. L’accompagnement sexologique intervient alors en complément.

Parce que traiter la consommation sans parler de sexualité laisse parfois intacte une partie essentielle du problème.


Consulter pour le chemsex à Nice

Quand le chemsex commence à décider à votre place, en parler peut être une première façon de reprendre le choix.

Il peut être difficile de parler de chemsex à un professionnel de santé.

Certaines personnes craignent d’être jugées pour leur consommation. D’autres redoutent que leurs pratiques sexuelles deviennent elles-mêmes le problème aux yeux du thérapeute.

Dans ma pratique de sexologue et psychanalyste à Nice, le travail autour du chemsex part de la situation particulière de chaque personne : sa sexualité, ses consommations, ses relations, ses difficultés mais également ce qu’elle recherche à travers ces expériences.

La consultation peut notamment permettre de travailler sur la place prise par les produits dans la sexualité, les difficultés sexuelles sans substances, l’anxiété de performance, l’image du corps, la solitude, les applications de rencontre ou les relations affectives.

L’accompagnement peut également se faire en lien avec un médecin ou une structure d’addictologie lorsque la situation le nécessite.


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GIANPAOLO FURGIUELE
Psychanalyste et sexologue Nice

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