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Est-ce un problème de ne jamais avoir de désir sexuel ?

Source Doctissimo



Dans les médias, comme en cabinet, le manque ou l’absence total de désir sexuel est un sujet qu’on ose aborder de plus en plus. Mais est-ce une sexualité à part entière ou un problème médical, ou encore psychologique ? Doctissimo a posé la question à Johanna Rozenblum psychologue et Gianpaolo Furgiuele, sexologue. Avec un premier constat : vous n’êtes pas seul(e)


Sommes-nous des êtres forcément sexués et emplis de désirs, ou cela varie-t-il selon les personnalités ? La question peut se poser quand on aborde l’asexualité, cette absence d’attirance qui toucherait tout de même de 1 à 4% de la population (et qui concernait, dit-on, Marilyn Monroe elle-même). Mais concrètement, cela a-t-il une cause physiologique, (un manque d’hormones par exemple), est-ce le résultat d’un blocage, ou bien une façon de vivre tout aussi légitime que les autres ?

La "baisse" de libido, une réaction passagère aux causes internes ou externes

A cela, il faut peut être distinguer la baisse de libido, de l’absence totale de désir. La baisse de libido est une diminution du désir sexuel qui peut intervenir à certains moments de la vie, notamment en période de stress ou en cas de choc émotionnel ou lors de changements hormonaux.

Ainsi le stress, la fatigue, un problème relationnel avec votre partenaire peuvent agir sur votre désir sexuel. C’est également le cas d’un dérèglement de la thyroïde, de changements hormonaux lors ou après la grossesse, de la ménopause. Ce peut enfin être le cas lors de prise de certains médicaments, tels que les antidépresseurs ou de la consommation de substances, ou d’alcool à trop forte dose.

Mais dans tous ces cas, il s’agit d’une altération de votre désir habituel, comme une réaction à une cause, que vous pouvez noter. Il est donc toujours possible d’en parler avec votre médecin, pour adapter un traitement, des habitudes, trouver des solutions.

L’absence totale de désir sexuel peut avoir plusieurs raisons

Mais certaines personnes n’ont tout simplement pas envie de relations sexuelles : que celles-ci les dégoûtent ou les ennuient profondément, ou les indiffèrent, les galipettes, non merci. Une situation que Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne et membre de notre comité d’experts, reconnaît voir de plus en plus de façon assumée, face à elle, en séance :

"Bien sûr, cela peut être le symptôme douloureux d’une déception amoureuse, la manifestation d’un trauma, ou d’un rapport au corps pathologique qui ne permettait plus à la personne de s'épanouir. Mais c’est loin d’être toujours le cas. Il y a aussi des personnes qui n'éprouvent pas de désir, tout simplement, peut-être parce qu’elles ont le sentiment d’avoir fait le tour de tout cela, ou d'avoir trouvé une autre façon de s’épanouir qu’au travers une relation sexuelle".

Même multiplicité des causes et même dédramatisation du côté du sexologue Gianpaolo Furgiuele qui annonce d’emblée que l’absence de désir est l’une des causes les plus courantes de consultation chez lui.

"Parfois, les consultations sont motivées par la curiosité, d'autres fois parce que cet état ne convient pas, et parfois encore parce qu'on se questionne sur la normalité : est-il normal de ne pas ressentir de désir sexuel, de ne pas avoir envie ? Mais les consultations liées à ce dernier point ne sont généralement pas axées sur une souffrance liée à l'absence de sexualité mais plutôt sur l’orientation sexuelle".

L’absence de désir doit-elle être "réparée" ?

Assumer au grand jour cette non sexualité ou travailler sur soi pour réinvestir une relation charnelle, la réponse dépend finalement de la façon dont vit la personne en question avec ce pan de sa vie.

"La réponse à cette question dépend largement de la demande exprimée par le patient et de savoir si cette condition est associée ou non à un blocage sexuel, répond le sexologue. Dans certains cas, le manque de désir peut être lié aussi à l'identité ou à l'orientation sexuelle de l'individu qui trouve un épanouissement satisfaisant dans l'absence de relations sexuelles, il n’y a donc rien à réparer. Il est cependant important lors de l'anamnèse, d'écouter attentivement le patient, de comprendre ses objectifs et de détecter, le cas échéant, la présence d'une souffrance".

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